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forum Index du forum forumArchivages des sujets sur la parution des REVUES forumL'EXPRESS SPECIAL LOUVRE - avril 2006

Auteur : Sujet: L'EXPRESS SPECIAL LOUVRE - avril 2006  Bas
 Cat du sycomore
 Administrateur
 Messages postés : 1124
 Cat du sycomore
  Posté le 18/05/2006 13:28:45
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http://www.cathjack.ch/images/collec2smiley/Demon38.gif  claire-scribe:Posté le 13/04/2006 16:48:14
Bonjour,

Si vous êtes abonnés au magazine l'Express, ou que vous voulez l'acheter, c'est un spécial sur le Musée du Louvre :

L'Express du 13/04/2006
Spécial Louvre
Les secrets du plus beau musée du monde

par Yves Stavridès

Pas besoin de Da Vinci Code ni de Belphégor: le Louvre, le vrai, fascine. Et si ses collections cachaient encore bien des mystères, des trésors? Dans les salles, où sont exposées 35 000 pièces, dans les réserves, qui en stockent 265 000, L'Express a mené l'enquête. Le maître de maison, Henri Loyrette, et ses conservateurs livrent leurs indices. Chefs-d'œuvre dans l'ombre, ignorés ou méconnus, coulisses du métier, coups de cœur... Ils révèlent ou font redécouvrir des merveilles telles que vous ne les avez jamais vues. Emotion garantie!

Le 17 mai, en ouverture du prochain Festival de Cannes, Jean-Pierre Marielle se prendra une balle dans l'estomac, à hauteur des trois Caravage de la Grande Galerie. Dans le film Da Vinci Code, adaptation par Ron Howard du thriller de Dan Brown, il incarne «Jacques Saunière, le célèbre conservateur en chef», pourchassé par un drôle de moine. «Des tueurs albinos envoyés chez nous par l'Opus Dei, cela va sans dire, on en arrête un par jour», précise Henri Loyrette, président-directeur du Louvre, en faisant un bel effort sur lui-même pour ne pas se désintégrer de rire. Le conservateur de Dan Brown est un «vieillard de 76 ans», et cela reste le secret inviolé de ce best-seller ésotérique: comment ce fidèle du service public a-t-il pu échapper à la retraite à 65 ans? Certes, il n'échappera pas au flingueur encapuchonné. Pourtant, il parvient à décrocher un Caravage afin d'actionner «l'énorme grille métallique» - en réalité inexistante - de la Grande Galerie. Chapeau. Même un haltérophile bulgare aurait peut-être besoin d'un coup de main pour mettre à bas l'une des trois toiles du maître. Un peu plus loin, alors que le cadavre du conservateur gît à poil dans la position de L'Homme de Vitruve, l'auteur du Da Vinci Code se distingue à nouveau sur les collections du Louvre, en estimant à «cinq jours le temps qu'il faut pour admirer de près les 65 300 œuvres d'art» exposées dans les salles. Là, le petit Dan a des montées de fièvre. Car le plus grand musée du monde - «de l'univers», selon l'expression consacrée par Dominique Vivant Denon, premier directeur du Louvre - n'expose que 35 000 œuvres.


Déjà, en 1927, Arthur Bernède publiait en feuilleton dans Le Petit Parisien un roman qui allait secouer nos cerveaux agités, Belphégor. Depuis, le Louvre abrite d'indicibles secrets: un trésor des Valois enfoui quelque part, des trucs emmurés par les rose-croix, des vitrines occupées par des objets animés et forcément maléfiques. Par ailleurs, une réincarnation d'Osiris sapée en pope grec et des fantômes en rangs serrés habiteraient les lieux à temps plein, et c'est très bien comme ça: ce musée magique né d'un palais vraiment royal le mérite amplement. Ce qui enchaîne avec la question fatale, légère: «N'y aurait-il point des secrets, des trésors cachés dans les entrailles du Louvre?» Sur les 265 000 pièces qui constituent, à la louche, les réserves, pas même un petit quelque chose? Ou un gros?

Sommaire



Reportage photo : les secrets du Louvre

Revoir Palmyre

Antiquités égyptiennes : le roi des sarcophages

Antiquités orientales : et vinrent les Sumériens

Antiquités grecques, étrusques et romaines antique : leçons de sagesse antique

Arts de l'Islam : tout l'or de Damas

Sculptures : le martyre de Mercure

Peintures : sur la droite de la Joconde

Objets d'art : l'envers des décors

Arts graphiques : des génies dans l'ombre

Cap sur le premier département du Louvre, au regard de l'inventaire: les Antiquités orientales, avec plus de 100 000 numéros. Cela va d'une tête d'épingle aux taureaux de Khorsabad, d'un tesson de fouilles au Code d'Hammourabi. Des réserves logées sous la cour Carrée et dans une salle permanente: holà, holà! y a-t-il du trésor là-dedans? Bien sûr, répond Béatrice André-Salvini, conservatrice en chef et spécialiste de la civilisation sumérienne. «Moins l'objet est spectaculaire, plus le texte est beau, justifie-t-elle. Les textes bien gravés sont en général stéréotypés. C'est dire si la notion de chef-d'œuvre diffère d'un département à un autre.» Et de couver ses milliers de tablettes d'argile, si ingrates à l'œil: les tablettes cunéiformes. Une centaine d'entre elles sont proposées au public, avec leur traduction. «Mais je ne me vois pas exposer les 25 000, poursuit Béatrice André-Salvini. Pourtant, ce sont des merveilles à mes yeux. Vous y trouverez des textes sur le commerce, des hymnes aux dieux, des codes de lois antérieurs à celui d'Hammourabi. Et puis, c'est le mythe de la création de l'homme. Tous les mythes à l'origine de notre civilisation sont là.»


Au-delà des fragments archéologiques, ces réserves hébergent également des séries et des doubles - comme ce jeu de panneaux en briques peintes des Archers du roi Darius en son palais de Suse. Qui n'a pas vu ça au Louvre n'a jamais rien vu de sa vie. Le jumeau voyage beaucoup pour la bonne cause: des expositions. «Mais j'ai aussi des jolies statues de Lagash», glisse en rougissant la conservatrice en chef, qui entretient une liaison secrète avec le prince Goudéa (lire l'article).

«C'est le mythe de la création de l'homme. Tous le smythes à l'origine de notre civilisation sont là»


En passant devant la cour du Sphinx, où des réserves des Antiquités grecques, étrusques et romaines côtoient des œuvres en attente du chemin des salles, Henri Loyrette assure qu'il n'y a rien de capital qui ne soit pas exposé: «Mais la recherche et l'évolution de l'histoire du goût font que l'on découvre régulièrement des œuvres que l'on regardait à peine. Dans les réserves, je pense à ces bas-reliefs qui racontent l'histoire de Rome. En peinture, à Jean Broc et son Ecole d'Apelle.» Jean qui? Cet élève de David exposa ce rouleau de 5 mètres par 4 au Salon de 1800, et c'est l'une des 2 000 pièces stockées: «2 000 œuvres en comptant tout, y compris des portraits de rois sans intérêt et des fragments de fresques inexposables», note Vincent Pomarède, responsable des Peintures. Qui promet: «Cette Ecole, on va lui trouver une place vers l'escalier de la Victoire.» Jean Broc sur la route de Samothrace! D'autres grands formats attendent leur tour et pareille consécration: ainsi des Remords d'Oreste (3,50 x 5,15 m) par Philippe-Auguste Hennequin. «Je n'ai que des artistes “tertiaires” dans nos réserves, admet le conservateur général. Mais, moi, ça me passionne.» Evidemment, avec Broc et Hennequin, on s'éloigne des deux bras de la Vénus et des chauves-souris.

Il reste encore, aux Arts déco, un cachet de cire, le dernier. Un cachet minuscule, mais à chacun son Vermeer...


Le moral repart avec les Arts graphiques. Dans la gracieuse salle d'études, un album de dessins du Vénitien Jacopo Bellini (v. 1400-1471) est présenté au photographe de L'Express Jean-Paul Guilloteau. Celui-là, on ne le sort pas tous les jours: ce «monument» de la première Renaissance italienne est servi avec des coussins. Pas plus exposables - car montés a posteriori en albums - ces fantastiques dessins aquarellés de costumes de «fêtes et mascarades» des anciennes collections royales des Menus-Plaisirs. Responsable des Arts graphiques, Carel van Tuyll en a sélectionné quatre: regardez-les bien (lire l'article), et imaginez qu'il y en a 2 643! Mais une œuvre peut se faire secrète de mille façons encore. Ce Philosophe, que le Louvre exposera à l'automne, a su attendre des siècles avant d'afficher le cartel révélant la paternité de Rembrandt…


Une photographie jamais vue - et jamais publiée - d'artistes syriens sur un échafaudage, dans Damas, en 1928, rend la main aux Arts de l'Islam. Conservatrice chargée du chantier des collections, Sophie Makariou a le récit qui va avec. Et cinq rouleaux d'aquarelles étonnantes: les relevés des mosaïques à fond d'or de la Grande Mosquée de Damas (lire l'article), qui auront les honneurs de la cour Visconti, en 2009. Dans les réserves du huitième et dernier-né des départements du Louvre, huitième volume de cette encyclopédie, il y a aussi des trésors qui ne sont pas éternels: les carreaux de céramique ottomans - et notoirement ceux des XVIe et XVIIe siècles. Vers 1930, ils ont été montés sur des panneaux tenus par des barres de fer: le fer rouille et fait péter la céramique. Cela concerne les 1 200 carreaux du Louvre et les 500 apportés par le musée des Arts décoratifs. Entre le découpage des panneaux, les scénarios de recomposition et le remontage, on arrive à 10 000 heures de travail: c'est ce qu'on appelle un sacerdoce. Dans la corbeille à merveilles des collections des Arts de l'Islam, les Arts déco auront également déposé, notamment, 40 miniatures, dont la très chantée Humay et Humayun, rencontre amoureuse dans un jardin, peinture sur papier exécutée en Ouzbékistan vers 1427. Et 20 caisses entreposées sur un site du boulevard MacDonald, à Paris. A l'intérieur des caisses, des blocs. Des pierres sculptées. Mon secret pèse 10 tonnes.


Ces blocs furent envoyés du Caire par Charles-Gaston Esmangard de Bournonville, comte de Saint-Maurice. De 1868 à 1878, il est grand écuyer d'Ismaïl Pacha, le khédive d'Egypte, l'homme qui rêva le Nouveau Caire. Dans Ismailieh, Charles-Gaston se fera d'ailleurs bâtir un hôtel de style arabe, qui abrite désormais l'ambassade de France. Mais le khédive s'occupa aussi du Vieux Caire: à la Haussmann, son modèle, son dieu, il perça la rue Clot-Bey en 1872, et le boulevard Muhammad-Ali en 1873. Des centaines d'édifices sans âge en payèrent le prix fort. Les vieilles pierres à terre furent cédées. Est-ce là que M. le comte a rempli ses caisses? C'était un collectionneur de goût: il aura beaucoup vendu aux grands musées anglais et français. Les caisses voguent vers la France scellées par des cachets de cire rouge sur lesquels on peut lire: «Service de conservation des Antiquités de l'Egypte». Ces caisses d'origine ayant été détruites depuis le déluge, il reste encore, aux Arts déco, un cachet de cire, le dernier, coulé sur un fragment de bois vert-de-gris. C'est la preuve que ces foutues caisses ont quitté l'Egypte à la régulière. Un cachet minuscule, mais à chacun son Vermeer.

En 2009 le Porche mamelouk partagera les salles du Baptistère de Saint Louis, la «Joconde» des arts de l'Islam


Les blocs dorment au palais de l'Industrie «avant 1884». Avec une poignée de dessins. Et ces quelques mots: «Don de M. de Saint-Maurice». Ils suivent les Arts déco au Louvre, et emménagent dans les caves du palais de Rohan. Pour un grand sommeil. La conservatrice Monique Blanc, qui réveillera ces pierres abandonnées en 1992, n'en trouve aucune trace à l'inventaire. A deux reprises, elle écrit à l'Institut français d'archéologie orientale du Caire (Ifao). Pas de réponse. Il lui manque aussi des blocs. En 2004, lors d'un récolement au musée des Beaux-Arts de Béziers, elle tombe sur d'autres pierres sculptées, qui, en 1967, avaient filé à l'anglaise du Louvre.


Aux Arts de l'Islam, Sophie Makariou s'est fait communiquer les dessins et les clichés de caillasse. Elle inscrit aussitôt le «don» à ses inventaires, et de bon cœur: «C'est un porche mamelouk, qui provient d'un édifice important de la fin du XIVe, voire du début du XVe siècle. Un témoignage unique. Mais c'est un porche de quoi? D'une mosquée? Je sens qu'il faut chercher du côté du complexe de Sultân Hasan...»


Sophie Makariou, surnommée «l'inspecteur McAriew», a déjà en main l'ordre de route de sa chercheuse gréco-américaine, que lui finance la Fondation Kress. Au programme du Caire: enquête dans les archives de l'Ifao; enquête au Comité de conservation des monuments arabes; enquête dans les waqf, les actes notariés du Vieux Caire. Et plongée, aussi, dans les Transactions of the Royal Institute of British Architects, où Charles-Gaston, vers 1880, se ferait aligner dans un passage sur les «opportunités de récupération». Le Louvre a également réservé 100 mètres carrés, pendant un an, sur le site du boulevard MacDonald, afin de procéder à un «puzzle à plat». En 2009, en principe, du haut de ses 6 mètres, le Porche mamelouk de Charles-Gaston Esmangard de Bournonville, comte de Saint-Maurice, partagera les salles du Baptistère de Saint Louis, la «Joconde» des Arts de l'Islam.


Les secrets du Louvre? En vérité, des œuvres inclassables et des chefs-d'œuvre discrets, il y en a plein les salles. Partout. A tous les étages. Secrétaire de Guillaume Apollinaire et grand faucheur de statuettes et de masques phéniciens, Géry-Pieret aurait dit un jour à Marie Laurencin: «Mademoiselle Marie, je vais au Louvre… il ne vous faut rien?» Devant telle profusion, il nous faut juste ouvrir les mirettes. Et suivre Alain Pasquier, responsable des Antiquités grecques, étrusques et romaines, qui parle de «l'injustice que les conservateurs éprouvent quand ils voient que certains objets accaparent toute la faveur des visiteurs» et que «beaucoup d'autres, dont le mérite n'est pas moindre, demeurent ignorés dans l'ombre que leur font ces vedettes». Pour ce numéro spécial de L'Express, quelques conservateurs du Louvre, dont Henri Loyrette, nous entraînent vers des œuvres qui sont, en général, à un jet d'épaule de nos regards ou sous notre nez, comme La Lettre volée d'Edgar Poe. Tous les moyens leur sont bons: déclarations d'amour, souvenirs personnels, naissance d'un département, confessions d'un accrochage, trouvailles épatantes, provenances fabuleuses. Avec des paquets de charme et d'émotion: c'est sûrement ça, le Grand Secret du plus beau musée du monde.

Claire-Scribe

--Message edité par claire-scribe le 2006-04-13 16:51:24--

Claire


http://www.cathjack.ch/images/collec2smiley/cafe.gif  sekhmet neseret:Posté le 14/04/2006 19:08:58
je l'ai acheté!  mais toujours pas lu...   (il figure en 20e place sur ma liste des choses à lire!! après Epicure, Descartes,     Ô rage, ô désespoir !)

http://www.cathjack.ch/images/collec2smiley/cafe.gif  ahmosis:Posté le 14/04/2006 19:56:33
Ma mère l'avait acheté. J'ouvre et je tombe pile poil sur le début de la partie égyptologique. Je me suis dit que c'était un signe. Je vais déjà lire cette partie, puisqu'on y parle de Champollion.

Selkis nomme Cat ...

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